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L’Offshore Pétrolier

1- La situation générale d’aujourd’hui

Le contexte énergétique mondial a subi une évolution radicale au cours de ces derniers douze mois.

En plus d’une augmentation sensible des coûts et des délais de mise en production des nouvelles réserves, le marché mondial des hydrocarbures a vu l’effondrement des cours du baril : un baril de Brent valait environ 110 $ en avril 2014 et son prix oscille aujourd’hui entre 55 $ et 60 $. De même le prix du gaz naturel (Henry Hub natural gas spot price) a vu sa valeur chuter de 6 $/MBtu à 2,87 $/MBtu entre février 2014 et février 2015. Cette situation a un impact direct sur la capacité des compagnies pétrolières à développer de nouveaux projets. En effet, les dérapages budgétaires et financiers des projets induisent non seulement une réduction de la rentabilité estimée au moment de leur lancement, mais aussi un retard important dans la génération des revenus des compagnies, réduisant ainsi les capacités de financement pour de nouveaux projets. Couplée aux baisses violentes des cours du pétrole et du gaz, qui amplifient la baisse des revenus, cette conjoncture a un effet dramatique sur la profession, avec fort peu de nouveaux projets initiés à l’instant présent. Une conséquence immédiate de cette contraction d’activité a été une réduction importante des effectifs du secteur professionnel, aussi bien pour les compagnies produisant des hydrocarbures que pour les sociétés de services.

2- Les perspectives à court et moyen termes

Avant même la chute des cours du pétrole et du gaz, l’ensemble des compagnies pétrolières avaient initié des réflexions et des actions pour permettre une réduction globale des coûts de production et en assurer une meilleure maîtrise durant l’exécution des projets. Le niveau actuel des cours du pétrole et du gaz ne peut que renforcer la nécessité de ces actions. Pour que les opérateurs pétroliers puissent relancer de nouveaux développements, il faudra trouver les moyens de réduire les coûts de production et il faudra que les cours du pétrole et du gaz remontent à des niveaux sensiblement supérieurs à ceux d’aujourd’hui.

En ce qui concerne les coûts de production des hydrocarbures, les opérateurs recherchent des réductions comprises entre 20% et 30%, et cela devrait être possible à condition que tous les acteurs concernés participent aux gains de productivité recherchés.

En ce qui concerne les niveaux des cours du pétrole et du gaz, la problématique est beaucoup plus complexe. Si les cours sont liés à l’excédent de la fourniture ou de la demande au niveau mondial, ces demandes étant elles-mêmes liées à l’état des économies mondiales et des activités industrielles associées, des considérations géopolitiques viennent fortement perturber un équilibre naturellement instable. La persistance de la crise économique mondiale associée à la montée en puissance de la production de pétrole et de gaz de schiste sont, ensemble, à l’origine de la chute violente des cours.

La perte des parts de marché de l’Arabie Saoudite, conséquence de l’exploitation des hydrocarbures de schiste, et la situation économique mondiale ont de façon certaine amplifié cette chute des cours.

Du fait de la situation en Ukraine et du positionnement de la Russie sur ce conflit, les USA ont laissé faire l’Arabie Saoudite, qui a refusé de réduire son niveau de production, car cela pouvait pénaliser encore plus l’économie russe et donc la Russie. Cela a amplifié le phénomène.

En tenant compte de cet environnement, les perspectives à court terme sont donc très limitées et ne devraient pas réellement évoluer avant un délai compris entre 18 et 24 mois. A moyen terme, ces perspectives devraient être assez différentes. L’économie mondiale semble montrer des signes de reprise, ce qui devrait en principe augmenter les besoins en hydrocarbures et ainsi assainir la situation d’offre excédentaire. Du fait de la réduction constatée de la production d’hydrocarbures de schistes (ce qui était le but recherché par l’Arabie Saoudite) on peut estimer que les importants stocks existants pourront être écoulés sur les prochains mois à venir. Si la reprise économique mondiale est bien au rendez-vous comme le disent de plus en plus d’experts et d’institutions financières et de prospective, on peut raisonnablement penser que les cours se raffermiront et permettront ainsi le lancement de nouveaux projets. Sans mise en production de nouveaux développements, la production mondiale est naturellement réduite d’environ 5% par an du fait de l’épuisement des réserves en exploitation. Il faut donc développer de nouvelles réserves, à hauteur d’environ 4,5 millions de barils par jour pour compenser cette réduction. Ces quantités sont très importantes et on peut donc raisonnablement penser que la reprise du secteur de l’offshore pétrolier arrivera bien, tôt ou tard.

 

Des images de quelques projets phares du moment

Vue de la coque du FLNG Prelude sur le chantier de Samsung Heavy Industries – Avant sortie de cale sèche – Ce FLNG sera installé sur le champ de Prelude (Shell) au large de l’Australie

Vue de la coque du FLNG Prelude sur le chantier de Samsung Heavy Industries – Après sortie de cale sèche – Ce FLNG sera installé sur le champ de Prelude (Shell) au large de l’Australie

Vue de la coque du FPU (Floating Production Unit) Moho Nord sur le chantier de Hyundai Heavy Industries – Ce FPU sera installé sur le champ de Moho Nord (Total E&P Congo) au large de la République du Congo

Vue de la coque de la TLP (Tension Leg Platform) Moho Nord sur le chantier de Hyundai Heavy Industries – Cette TLP sera installée sur le champ de Moho Nord (Total E&P Congo) au large de la République du Congo

Vue de la barge de levage Hyundai Heavy Industries avec le pont de la TLP (Tension Leg Platform) Moho Nord – Cette TLP sera installée sur le champ de Moho Nord (Total E&P Congo) au large de la République du Congo

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