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Construction Navale Civile

Au niveau mondial, 2016 a vu une chute libre dans les prix de la construction neuve et  dans les commandes nouvelles qui avaient enregistré le taux le plus bas depuis 2000. 2017 montre une reprise. Dans l’ensemble, les commandes ont augmenté de 169 % de 33,1 millions tpl en 2016 à 89,1 millions tpl en 2017. Ce chiffre est comparable à la moyenne annuelle depuis 2008 et seulement 10 millions de tpl au-dessous de la moyenne annuelle depuis 2000. L’amélioration a été répartie de manière homogène à travers les trois principaux piliers de la construction navale : vraquiers, pétroliers et porte-conteneurs. En conséquence, les prix unitaires ont progressé, bien qu’ils restent très faibles et peinent à couvrir les coûts de construction des chantiers navals qui ont augmenté l’année dernière.

Le segment des navires spécialisés continue sa croissance rapide. Le segment des bateaux de croisière a atteint un niveau record de contracter. Les commandes de transports de GPL et LNG ont rebondi, mais continuent d’accuser un retard par rapport aux niveaux 2013-2015 en raison des faibles taux en vigueur dans les segments en 2017.

Le total des livraisons par les chantiers a légèrement diminué de 98,6 millions tpl en 2016 à 95,9 millions  tpl en 2017. Le tonnage envoyé à la démolition en 2017 est passée de 44 millions tpl en 2016 à 31,7 millions tpl, reflétant l’amélioration des performances du marché du transport maritime.

Les trois géants de la construction navale, qui représentent près de 95 % du carnet de commandes mondial en volume (port en lourd), se sont encore concurrencés durement en 2017. La Chine a consolidé sa position de tête avec une part de marché de 44,8 %, tandis que le Japon et la Corée ont à nouveau échangé leurs places la Corée reprenant sa deuxième place (24,7 %) perdue en 2016.  Le Japon a glissé à la troisième place avec 23,8 % de part de marché. L’Europe suivie avec 4,6 % et 1,9 % respectivement.

Le volume des livraisons (95,9 millions de tonnes en lourd) a dépassé les commandes (89,1 millions de tonnes), et le carnet de commande mondial a légèrement diminué à 222,4 millions de tonnes. La Corée a été la seule à augmenter son carnet au cours de l’année. Le marché a profité des prix bas de construction observés en début 2017, tout en étant très actif sur le marché d’occasion.

Les prix de la construction neuve ont augmenté de 5 % à 20 % au cours de l’année selon la taille et le type de navire. C’est en partie une conséquence de l’augmentation de la demande, mais aussi de la hausse des prix de l’acier (qui est passé d’environ 450 $/ tonne à 750 $/ tonne d’une année sur l’autre) et l’affaiblissement du dollar contre la plupart des monnaies principales de construction navale. Les chantiers navals ont également cherché à couvrir leurs coûts occasionnés par les changements de règlementation exigeant des échantillonnages plus résistants ou des équipements supplémentaires. Les sujets clés des SOx, NOx, CO2, scrubbers et propulsion bicombustible sont restés des préoccupations majeures tout au long de l’année. Pour l’instant, la stratégie de la communauté maritime d’ici l’échéance de 2020 n’est pas claire : le soufre doit-il être éliminé à la production ou au point de consommation.

Il est intéressant de noter que le nombre de chantiers actifs (chantiers qui ont remporté de nouveaux contrats ou livré des navires durant l’année) a de nouveau chuté en 2017 à 302 installations, après avoir chuté d’un pic de 684 en septembre 2008 à 311 juste à la fin de 2016.

En Europe, la Roumanie perd sa première place en volume en raison des difficultés du chantier de Mangalia mis en vente par Daewoo au profit de la Russie qui bénéficie de fortes commandes domestiques (Quatre tankers Aframax tavec propulsion GNL et  dix pétroliers arctiques).  L’Espagne se classe deuxième grâce à la commande de six tankers Suezmax.  Le classement des chantiers navals européens sur la base de jauge brute (GT) au lieu de port en lourd, favorise les carnets formés de navires de grande valeur ajoutée avec faible port en lourd mais de plus gros tonnage brut. Dans ce classement, l’Italie arrive en première place devant l’Allemagne et la France.

                                                        (source : BRS)

Les gouvernements français et italiens ont trouvé un accord sur l’avenir de STX France. Le  constructeur Français sera partagé sur une base 50/50 mais donne à Fincantieri la majorité  grâce à un prêt de l’Etat français de 1 % du capital à la société Fincantieri, lui donnant ainsi un contrôle provisoire, ainsi que la présidence de son Conseil d’administration et le droit de nommer la direction. Le prêt aura une durée de 12 ans et l’accord entre les deux gouvernements prévoit des examens réguliers pour s’assurer que ses dispositions soient respectées. L’Etat français détiendra 34,34 % de STX, Naval  Group 10 %, les salariés de STX jusqu'à 2,4 % et les fournisseurs locaux jusqu'à 3,26 %. Les partenaires doivent maintenant trouver un nouveau nom pour le chantier.

Alors que trois chantiers russes ont créé des co-entreprises avec des chantiers coréens, Damen s’est porté acquéreur du chantier de Mangalia auprès de Daewoo et attend une éventuelle décision de préemption du gouvernement roumain.

Référence :         Annual review 2018 - BRS Shipping and Shipbuilding markets

 

MSC Meraviglia - Livré par STX France en mai 2017

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